Exclusif Post-production sonore : un préavis de grève déposé pour le 23/03/2017

Paris - Publié le lundi 20 mars 2017 à  8 h 46 - n° 89498 Le SPIAC SPIAC Syndicat des Professionnels des Industries de l'Audiovisuel et du Cinéma - CGT et le SNTPCT SNTPCT Syndicat National des Techniciens et Travailleurs de la Production Cinématographique et de Télévision ont lancé un appel à la grève pour le jeudi 23/03/2017, apprend News Tank le 17/03/2017. « L’ensemble du secteur de la post-production sonore - les monteurs sons, les mixeurs et les bruiteurs - se met en grève pour se rendre à la commission mixte paritaire de la production cinématographique et faire entendre nos revendications. Cela fait 30 ans que je travaille dans la profession et je ne me rappelle pas avoir connu un mouvement d’une telle ampleur », indique Didier Lesage, président de l’association des mixeurs à News Tank.

« Nos revendications portent sur deux sujets :
• cela fait un an que nous sommes en négociation avec les producteurs. Nous avons déposé des avenants sur la convention collective mais la situation n’avance pas assez rapidement. Depuis septembre 2016, nous avons organisé trois réunions, la dernière remonte à mars.
• Nous souhaitons également exprimer notre point de vue sur le projet de réforme de l’agrément. Nous avions fait part de nos inquiétudes au CNC CNC Centre national du cinéma et de l’image animée Lire la suite [en novembre 2016] vis-à-vis du rapport d’Alain Sussfeld qui n’allait pas dans notre sens. Nous avons eu quelques rencontres informelles avec la direction du CNC mais cela n’a pas été plus loin. Les derniers signaux que nous avons ressentis ne sont pas très favorables pour notre profession. Nous aimerions obtenir un rendez-vous avec la présidente du CNC. »

« Notre mouvement est de courte durée. Nous ne souhaitons pas provoquer un séisme dans l’industrie cinématographique. Notre objectif est avant tout d’envoyer un signal au CNC et les syndicats de producteurs sur notre situation. Nous sommes conscients que la période avant le Festival de Cannes est chargée pour l’ensemble de la production. »
© D.R.
© D.R.

Une « profonde exaspération » des professionnels du son concernant les délocalisations de post-production

L’ADM ADM Association des mixeurs , l’AFSI AFSI Association Française du Son à l’Image et l’ADAB ADAB Association des Artistes Bruiteurs avaient fait part de leur « profonde exaspération » à propos des délocalisations de la post-production sonore, dans une lettre adressée à Frédérique Bredin, présidente du CNC, en date du 14/11/2016.

« Cela fait maintenant une dizaine d’année que la post-production sonore des films français est touchée de plein fouet par les délocalisations, car non protégée face à une logique exclusivement financière. Dans le rapport d’Alain Sussfeld, supposé, à votre demande, combattre les délocalisations, nous ne sommes même pas considérés comme “collaborateurs de création” au mépris de toute réalité artistique de la fabrication d’un film ; et à ce titre nous ne bénéficierions automatiquement d’aucun point si vous reteniez cette option », déclaraient les différentes associations.

« Avec les industries techniques qui ont exprimé leur inquiétude et craignent pour elles-mêmes les conséquences de la réforme à venir, c’est tout le secteur de la post-production sonore qui refuse d'être laissé-pour-compte.

Le cinéma ne peut exister que par le travail d’une équipe au service d’un projet artistique et d’une mise en scène. Le réalisateur est supposé choisir ses collaborateurs pour leurs compétences techniques, leur expérience mais aussi par affinité personnelle.

(…) Nous tenons à vous faire savoir notre opposition résolue à un système d’agrément où les producteurs se verraient “offrir une plus grande souplesse” quand nous ne nous verrions offrir que du chômage.

À ce titre nous demandons que nos postes soient intégrés dans la liste des collaborateurs de création et que des points leur soient systématiquement attribués. »

loader mask
1